La vie en Angleterre: J’aime/J’aime pas

Cela fait désormais un gros mois et demi que nous avons pris nos quartiers à Newcastle. L’occasion de découvrir la vie à l’anglaise avec ses bons côtés et ses défauts; Loin de moi l’idée de critiquer l’Angleterre mais plutôt d’y voir des points positifs, différents de ceux qu’on trouve en France, mais aussi négatifs.

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La grossesse d’après: être enceinte après les fausses couches

Je ne sais pas si les journées mondiales servent à quelque chose. En tout cas, j’avais lu sur les réseaux sociaux que le 15 octobre était la journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal; en même temps d’ailleurs que la journée internationale des fossiles ou la journée mondiale du lavage des mains…  A vrai dire, je ne me sens pas excessivement concernée par cette journée. Si j’ai bien fait 4 fausses couches, je n’ai pas vraiment le sentiment d’avoir vécu des deuils périnataux. Un deuil pour moi, c’est de perdre un « vrai » bébé et même si deuil d’une grossesse il y a au moment de la fausse couche, je n’ai pas, je crois, eu de deuil d’un enfant existant ou imaginé à faire. Cependant, je ne peux pas le nier, ces épreuves m’ont impactée et ont de conséquences sérieuses à mon sens sur ma façon de vivre cette dernière grossesse.

L’angoisse de la fausse couche

J’ai tout d’abord passé littéralement les 3 premiers mois à m’attendre à faire une fausse couche. A tel point que chaque examen, chaque échographie, était une épreuve et ce dès la veille. Je m’attendais à chaque fois à ce qu’on me dise que le coeur de mon embryon était arrêté. J’ai revécu ce moment avant ma 2ème échographie officielle en août, où je m’attendais presque à ce qu’on m’annonce une malformation ou une maladie grave. J’ai passé les 4 premiers mois à utiliser un doppler foetal quotidiennement pour me rassurer. J’ai scruté le moindre changement de symptômes, j’ai googlé à n’en plus finir toutes les complications possible et  j’ai cru sentir le sol s’ouvrir sous mes pieds le jour où j’ai fini aux urgences avec un décollement du placenta.

Je ne suis pas angoissée de nature et pourtant, cette grossesse m’a causé tellement de maux d’estomac et d’insomnie que je ne peux pas la qualifier de sereine.

 

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La difficulté à se sentir légitimement enceinte

Je parle pourtant de celle-ci ici, je vous montre mon ventre sur Instagram, mais cela ne change pas le fait de ne pas me sentir vraiment enceinte. Je n’arrive pas à demander une place dans les transports, j’en parle difficilement quand on me pose des questions, je les balaie en général d’une parole. J’ai dû mal à me projeter dans cette grossesse, dans un accouchement et encore moins dans le fait d’être capable de ramener à la maison un petit bébé en bonne santé. J’ai acheté la semaine dernière un petit lit d’occasion, j’ai commencé une liste de naissance, j’ai finalement acheté un jean de grossesse neuf (celui que j’avais commençais à être petit), ce sont de petits pas pour moi que je fais sans réelle envie. J’ai vraiment du mal à apprécier, savourer la grossesse, comme si le fait d’y trouver une quelconque joie allait apporter le malheur.

Le paradoxe, entre envie de voir la fin et goût de trop peu

Je guette le moindre coup de pied et je peste un peu devant ce système de santé anglais, beaucoup plus cool sur le suivi de grossesse, qui ne me permet pas d’avoir de 3ème échographie (sauf à prendre rendez-vous dans le privé et à payer de ma poche, ce que j’envisage sérieusement…).

 

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C’est paradoxal, n’est-ce pas, d’avoir voulu si fort un 3ème enfant et d’être enceinte sans pouvoir apprécier le fait de l’être? D’ailleurs, cette grossesse est de loin la plus dure physiquement, avec beaucoup de douleurs et de symptômes… sont-ils réels ou bien le résultat d’une saumatisation de mes angoisses?

Ce qui est encore plus paradoxal, c’est d’apprécier ces petits coups de pied, de se dire que ça sera la dernière fois (puisqu’il n’y aura pas de grossesse suivante), être presque nostalgique d’avance mais aussi avoir hâte que cela finisse, de tenir son bébé dans ses bras et de respirer… peut-être, enfin !

Notre avis sur le port de l’uniforme à l’école anglaise: vrai ou faux

Je me souviens avoir porté petite fille l’uniforme. C’était quelque chose d’assez rare mais j’étais à cette époque à l’école bilingue qui imposait cette pratique. Plus tard, et jusqu’en 6ème, j’ai porté la blouse, plus française. Je ne me souviens pas avoir aimé ni détesté ces pratiques. Comme tout le monde, j’ai entendu en juin dernier l’énième débat sur le retour de l’uniforme… enfin retour, plutôt arrivée puisque l’uniforme n’a jamais réellement existé en France (contrairement au port de la blouse).

En déménageant en Angleterre, nous savions que les filles devraient porter un uniforme. Effectivement, dès que leur inscription à l’école a été confirmée, nous avons reçu parmi les documents la liste du trousseau pour l’uniforme: un sweat shirt /cardigan / ou polaire brodé avec l’écusson de l’école, un polo / chemise blanche, une jupe / robe / pantalon gris ou noir, des chaussettes ou collants de la même couleur, 2 sacs aux couleurs de l’école (un sac de sport et un « book bag »), des chaussures noires. Il y a aussi un uniforme pour le sport, composé d’un tee-shirt uni blanc, d’un short ou éventuellement bas de jogging noir et de chaussures noires.  Ce gros mois d’école avec port de l’uniforme m’a permis de me faire une idée sur celui-ci, moi qui avait auparavant une opinion plutôt neutre sur la question.

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Les accidents domestiques n’arrivent pas qu’aux autres

Même si on est un parent attentif, on croit toujours être à l’abri des accidents. J’ai toujours été vigilante avec mes filles, sans tomber dans la parano: porte de four froide, bouilloire loin de la portée des petites mains. J’ai souvent crisé quand je les ai vues se mettre en danger, comme le jour où la Chevelue a traversé une route (sans aucune raison alors qu’elle marchait devant moi sur un trottoir étroit) et qu’une voiture s’est arrêtée à 30 cm de son crâne. Pourtant, ce jour-là, je n’ai pas vu venir l’accident.

Nous avions passé une journée parfaite, le ciel était bleu, et nous avions profité de ce dimanche pour faire visiter à ma maman, arrivée la veille de Paris la côte de Newcastle. Il était 17 heures, peut-être 18 quand nous avons décidé de nous arrêter dans un café idéalement situé face au château. Il y a du monde, le personnel n’apporte pas les commandes en salle, c’est à nous de les récupérer au comptoir. Il aura suffit d’une tasse de thé mal posée par le serveur dans sa soucoupe pour que tout bascule: la tasse qui tombe sur ses cuisses, ma fille qui hurle, sa peau que nous arrosons d’eau. Heureusement, des infirmières sont là et nous disent quoi faire car nous sommes paniqués et le personnel de ce minable café ne réagit pas. La demi-heure la plus longue de ma vie plus tard, nous arrivons au grand hôpital de Newcastle où notre fille est prise en charge immédiatement et reçoit très vite de la morphine pour soulager sa douleur. Nous sommes alors pris dans un engrenage: gérer la douleur, voir le « burn doctor » et le chirurgien esthétique qui nous rassurent sur l’étendue des dégâts, faire les bandages et enfin, se reposer dans la chambre qui sera la nôtre pendant presque une semaine.

Le lendemain, le Mari doit partir à l’aube pour un déplacement professionnel à l’étranger d’une semaine. Il traîne des pieds, hésite, et part la mort dans l’âme. Dans notre malheur, nous avons beaucoup de chance: ma mère est là et s’occupe de La Chevelue, une copine et maman d’élève de l’école se propose pour la déposer et la ramener de l’école. Et puis l’hôpital est l’un des plus réputé du nord de l’Angleterre, voire du pays tout entier. Il y a même une unité spécialisée pour les enfants brûlés, où ma fille est prise en charge et où je peux rester avec elle à chaque instant: j’ai un lit, il y a une cuisine pour les parents, les infirmières sont toutes sans exception des anges de bienveillance, de patience, d’attention. Je ne ferme pas les yeux de la nuit mais je réalise que nous avons énormément de chance d’avoir une telle prise en charge, notamment quand on entend tout le mal qu’on dit en France du système de santé britannique (pour info, il s’agit là d’un hôpital du NHS donc totalement public). Chaque matin, à 8 heures précises, le chef de service est dans la chambre de ma fille pour faire le point. Chaque nuit, quand elle a des crises de douleur, elle est immédiatement prise en charge par les infirmières. Chaque fois que je dois la laisser une heure ou deux, pour aller faire un aller-retour chez moi, le personnel est là pour la divertir, la faire jouer ou lui mettre un dessin animé sur les tablettes mises à disposition (elle a suite à ce séjour développé une passion pour Hotel Transylvania !). Nous avons la chance de ne pas connaître les hôpitaux pédiatriques en France mais ce que j’ai pu observé au quotidien ici m’impressionne vraiment.

Au bout de 5 jours, après avoir émis la possibilité de devoir recourir à une greffe, ma fille sort, sans greffe et avec une infirmière qui vient chez nous changer ses pansements tous les 2 à 3 jours. Ses blessures ne sont pas totalement cicatrisées et cela va prendre encore quelques semaines mais elle a pu hier retourner à l’école (qui a tout fait pour faciliter son retour). Elle a été accueillie comme une star par les autres élèves qui sont tous venus la voir pour lui dire à quel point ils étaient heureux qu’elle soit de nouveau avec eux.

Tout cela n’est pas encore derrière nous. La cicatrisation n’est pas encore finie. Il y aura des soins pendant des mois, de l’hydratation à gogo (elle a d’ailleurs dû apprendre à mettre de la crème seule pour pouvoir retourner à l’école), une protection totale vis-à-vis du soleil pendant 2 ans et peut-être un suivi avec des soins à l’hôpital si cicatrice il y a. Et puis, il faudra aussi cicatriser mon coeur de maman: que j’arrive à me dire que les accidents peuvent arriver à tous et  qu’on ne peut pas toujours les éviter, que je ne suis pas forcément responsable en tant que mère de tout ce qui arrive à mes enfants, que je sois à nouveau capable de me servir une tasse de thé à côté de ma fille… Mais ça, ça sera sans doute une réparation bien plus longue à opérer…

Envies cadeaux pour une 3ème fille

Je suis désormais dans ma 32ème SA et pourtant, en dehors de 2 petits pyjamas absolument pas nécessaires, je n’ai rien acheté pour ma 3ème petite fille. Peut-être parce qu’avec nos antécédents, je n’ai pas eu envie de trop me projeter, par peur sans doute. Aujourd’hui, l’accouchement approche un peu plus vite chaque jour (oui, le temps est apparemment une notion à géométrie variable !) et je panique un peu de ne rien avoir !

Je n’ai gardé de mes filles que leurs vêtements (j’ai déménagé environ 10000 caisses de vêtements de 0 à 3 ans avec nous !), une poussette 2ème âge (notre Yezz de Quinny que nous avions beaucoup aimé car elle ne prend pas de place) mais qui ne convient absolument pas à un nouveau-né, quelques jouets de bébé et un couffin en osier de 37 ans d’âge puisqu’il était le mien petite. J’alterne entre « ça va aller, tant qu’on a un couffin, une écharpe et une poussette, ça le fait » et « panique générale / on a rien / se rouler en boule sous la couette et pleurer des larmes pleines d’hormones ».

J’ai donc commencé à lister mes envies et je me rends compte qu’elles sont assez peu indispensables: beaucoup de jouets, un peu de déco, et un petit lit de cododo pour éventuellement laisser le couffin en bas, puisque notre maison comporte 2 étages.

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