Expatriation au Royaume-Uni, mode d’emploi

Depuis que nous sommes partis vivre au Royaume-Uni, je reçois très fréquemment des messages de familles souhaitant s’expatrier. J’ai donc décidé de regrouper ici les éléments qui me viennent à l’esprit, peut-être en les enrichissant au fur et à mesure de vos questions.

L’opportunité professionnelle

De notre côté, nous sommes partis suite à une proposition professionnelle en interne dans l’entreprise du Mari. C’est généralement dans ce sens que se font les choses, et peu de gens partent sans travail qui les attend sur place. C’est possible évidemment, mais cela me semble plus facile quand on n’a pas de famille à prendre en charge. Beaucoup de familles partent également en décalé, la personne prenant un poste à l’étranger partant en premier, le reste de la famille suivant en fonction du calendrier scolaire. Il faut tout de même noter que si vous êtes embauchés selon un contrat local, les conditions ne sont pas forcément aussi favorables qu’en France, notamment au niveau des périodes d’essai, de licenciement… je vous conseille donc de vous renseigner sur le droit du travail local avant de vous engager dans un déménagement international.

Trouver un logement

Pour nous, une fois le contrat de travail signé, la première étape a été de trouver une maison. C’est primordial notamment pour inscrire les enfants à l’école. Nous devions trouver une maison dans un quartier avec des transports en commun (je n’ai toujours pas le permis), des commerces, et des écoles. Je ne pouvais pas aller sur place pour prendre le pouls puisque j’étais à l’époque enceinte et alitée. Le Mari a donc fait quelques allers retours et nous avons finalement choisi une maison visitée par Skype ! Nous sommes passés par une agence ce qui est à mon sens un bon conseil à suivre si vous ne connaissez pas trop les démarches locales. De plus, je pense que c’est une garantie d’avoir un bien correctement entretenu. Par exemple, notre agence vient vérifier la maison tous les trimestres et nous pouvons ainsi transmettre les petites réparations à effectuer, l’entretien que nous avons fait. Si contrairement à moi, vous pouvez vous rendre sur place pour visiter les différents quartiers, c’est quand même mieux. Petite anecdote, nous avions d’abord jeté notre dévolu sur une petite ville de la côte… pour nous raviser dès que le Mari y a été… trop mort hors des horaires d’ouverture des commerces ! Je pense qu’il faut rester ouvert à aller dans des quartiers auxquels on aurait pas pensé au premier abord !

L’école, la priorité

Il faut savoir que le système de carte scolaire anglais est TRES différent de celui existant en France. Tout d’abord, oubliez l’idée de mettre vos enfants dans une école privée, c’est inaccessible au commun des mortels avec des tarifs d’environ £1000 par mois par enfant hors cantine et activités extra-scolaires dans notre petite ville de province. C’est sans doute très bien mais trop cher pour nous qui avons 3 enfants. Le système anglais favorise donc le public, religieux ou pas puisqu’il y a des écoles catholiques notamment mais publiques. Nous avons donc fait notre demande d’inscription, persuadés d’avoir des places dans l’école située moins de 50m de chez nous… grossière erreur ! Il faut savoir qu’il existe en Angleterre des « transfer years ». En clair, on peut changer d’école certaines années et pas d’autres. Ajoutez à cela un double système qui cohabite, puisque notre ville est sous un système dit « two-tier » (une école primaire puis secondaire) et notre quartier est le seul à avoir le « three tier » (primaire puis collège puis lycée pour schématiser, même si ce n’est pas exactement cela). Les inscriptions se faisant à une période très précise de l’année, nous avons été mis sur liste d’attente pour les écoles de notre choix, celles-ci étant complètes. Nous renouvelons les inscriptions tous les trimestres. C’est à mon sens le gros point noir de l’expatriation notamment au Royaume-Uni: un système scolaire totalement opaque et très différent du nôtre. Je ne saurais que trop vous recommander de considerer cela avec prudence et de vérifier que vos enfants ne se retrouveront pas entre 2 âges et donc à devoir aller dans une mauvaise école loin de chez vous puisque toutes les autres seront complètes.

Par ailleurs, les anglais ne sont pas du tout flexibles sur les classes d’âge. En clair, l’école commence à 4 ans mais les classes ne se font pas comme nous de janvier à décembre mais de septembre à août. Ma fille aînée s’est donc retrouvée dans une classe équivalent à un niveau de CE1 alors qu’elle venait tout juste d’avoir 6 ans, sans avoir fait de CP en France. Vous pouvez également vérifier que votre école emploie des professeurs EAL (English as an Additional Language). Cela coûte de l’argent sur leur budget donc certaines en ont, d’autres pas et font le choix de former les enseignants à la problématique. Vous pouvez également contacter le coordinateur « special needs » de votre école afin d’aménager la prise en charge de votre enfant dans un environnement anglophone. Enfin, sachez que les enfants commencent une 2ème langue en général en Year 3. Le choix de la langue n’est pas le vôtre mais celui de l’école voire du quartier… ici malheureusement, ça sera espagnol… pas de chance, j’ai fait allemand !

Le cas épineux de la voiture

Quand on déménage en Europe continentale, il est facile de garder sa voiture. Pour le Royaume-Uni, c’est une autre histoire. De notre côté, nous avons choisi de garder notre voiture puisqu’après rapide investigation, nous aurions perdu pas mal d’argent en la revendant, pour au final acheter le même modèle en Angleterre. Sachez toutefois qu’en théorie, vous pouvez rouler avec votre voiture française en Angleterre, même si vous n’êtes pas un simple touriste. En pratique, si on devient résident, on doit faire mettre le véhicule aux normes anglaises sous peine de se prendre une grosse amende. En revanche, l’administration anglaise fait bien les choses et c’est très bien expliqué sur leur site internet.

Et la santé ?

Les français sont souvent frileux à l’idée de quitter la sécurité sociale. Passer cette première appréhension, je vous assure que le système anglais du NHS est tout aussi formidable. A partir du moment où vous êtes au Royaume-Uni, il vous suffit de vous rendre dans la Clinic ou Surgery la plus proche de chez vous et de remplir un dossier d’inscription pour avoir un GP, un médecin traitant. Si vous êtes malade, vous pourrez ainsi consulter l’un des médecins de votre clinique, prendre RDV en ligne, demander de mettre vos ordonnances de traitement au long court en « repeat ». Je suis personnellement très satisfaite du système, aussi bien pour moi que pour mes enfants, nous avons tous été très bien suivis, pour ma grossesse comme suite à l’accident de ma grande. En revanche, si vous souhaitez une consultation avec un spécialiste, sachez que le système n’est pas flexible comme en France. Il vous faudra un « referral » de votre médecin traitant puis attendre le courrier avec votre rendez-vous… une attente qui peut prendre quelques mois si ce n’est pas urgent. Par exemple, je dois consulter un ophtalmo pour un problème oculaire non urgent. Mon GP a soumis mon referral fin janvier, j’ai rendez-vous en avril. Cela ne me semble pas une attente délirante contrairement à ce qu’on m’avait promis au sujet du système de soins anglais avant de venir en Angleterre. Les rendez-vous urgents sont toujours très rapides. Si toutefois vous souhaitez consulter très rapidement un spécialiste, vous pouvez aller dans le privé, à condition d’avoir une bonne assurance ou de payer de votre poche.

L’heure du déménagement

Honnêtement, si vous avez un contrat de travail et un logement, le reste est accessoire et se fera au fur et à mesure. Il faut juste bien préparer son déménagement, faire le tri dans ce qu’on garde ou pas (surtout si vous gardez votre logement français pour le mettre en location meublée ou non, ce qui est à mon sens la meilleure alternative). Nous avons choisi de prendre l’essentiel et d’acheter sur place certains éléments comme nos lits, les chambres des enfants ou la table de la cuisine. Prévoyez environ 15 jours entre votre date de déménagement et votre date d’arrivée sur place: nous avions opté pour un déménagement groupé, c’est bien moins cher et cela ne change rien pour vous, sauf le prix. En clair, les déménageurs mettent toutes vos affaires dans une sorte de gros box qui sera transporté dans leur ville « plateforme » au niveau national et redispatché quand plusieurs boxes iront dans la même région (pour nous le Nord et l’Ecosse). Cela prend donc plus de temps mais divise les coûts de moitié. D’ailleurs, faites bien faire plusieurs devis car j’ai été surprise, les prix varient énormément !

Et le Brexit dans tout ça?

Pour ceux qui envisagent l’expatriation au Royaume-Uni, le Brexit fait évidemment planner un climat d’incertitude pas très agréable. Nous allons devoir demander un pre-settled status et nous ne savons pas vraiment de quoi l’avenir est fait, en tout cas ici. J’ai bon espoir que, même si le Royaume-Uni quitte l’Union Européenne, les ressortissants européens y conservent leurs droits !

Je pense avoir répondu à pas mal de questions qui me sont posées fréquemment sur notre expatriation, mais n’hésitez pas à en ajouter !

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2 Comments

  1. Shana 10 avril 2019

    J’aime beaucoup ton blog. Un plaisir de venir flâner sur tes pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésite pas à visiter mon univers. A bientôt.

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  2. […] avons emménagé fin août dans une maison que nous n’avions même pas visitée avant. Un déménagement à l’étranger, dans une maison dont on est pas propriétaire, cela veut dire aussi faire des choix. Je n’ai […]

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