Et tu es née, ma fille

Cela fait 5 semaines déjà qu’elle est parmi nous… et je ne suis pas venue ici vous parler de sa venue au monde. 5 semaines que je profite du duvet qui lui sert de chevelure, de ses yeux bleus (au moins pour quelque temps), de ses premiers areuh, des sourires aux anges, des tétées rien que toutes les 2. Quel délice que de découvrir cette petite fille, douce, déjà heureuse il me semble, qui depuis toujours démontre une volonté de vivre assez incroyable.

L’histoire de sa naissance a été comme tout depuis le début avec elle, imprévu et imprévisible. Mon terme anglais était fixé au 8 décembre, soit une semaine avant le terme français (qui est à 41 semaines contre 40 en Angleterre donc). La date arrive et je n’ai presque plus de contractions, alors qu’elles rythmaient avant mes fins de journée. Nous attendons patiemment la venue de notre fille, avec un mélange d’impatience, d’excitation et de plaisir de savourer ses derniers instants ensemble toutes les 2. Je ne voulais simplement pas accoucher le 30 novembre, date de l’anniversaire du Mari ou le 14 décembre, date de mon propre anniversaire.

Arrive le 13 décembre, il est environ 6 heures, ou 6 heures et demi, je ne sais plus trop. Je me réveille, comme tous les matins, en me disant que la nuit ne t’a pas franchement porté conseil, quand je sens un « ploc » un peu douloureux. Je n’ai jamais perdu les eaux spontanément pour mes 2 premières grossesses. Je me lève car je sens bien que ce « ploc » est étrange… et là, pas de doute, j’ai bien perdu les eaux ! Je réveille donc le Mari, et informe ma maman qui est déjà réveillée avec les filles. J’appelle donc la maternité, comme le veut le protocole, la sage-femme me dit de prendre mon petit déjeuner et de venir faire contrôler que j’ai effectivement bien perdu les eaux ensuite.

Nous nous exécutons donc, petit déjeuner pris sur le pouce, nous partons tout excités à la maternité. Nous arrivons donc au birthing centre. Dans notre hôpital, on peut accoucher naturellement, dans une sorte de maison de naissance dirigée par des sages-femmes ou bien dans un hôpital classique, situé en réalité à l’étage juste au dessus. Le birthing centre est destiné aux grossesses à faible risque, mon cas jusqu’à présent.

A notre arrivée, la sage-femme me confirme que j’ai bien perdu les eaux (je n’en avais pas le moindre doute !) mais souhaite que je monte à l’étage supérieur faire une échographie car elle voudrait savoir comment est positionné mon placenta: mes échographies ont toutes été réalisées en France et mes documents sont tous en français, pourtant ni la sage-femme ni le médecin vus au Royaume-Uni ne m’ont proposé de passer une échographie durant mon troisième trimestre… je m’execute donc, puisqu’après nous devons simplement rentrer chez nous et revenir à minuit si le travail ne s’est pas franchement déclenché.

Nous montons donc à l’hopital où je suis d’abord examinée par une seconde sage-femme… qui m’annonce immédiatement qu’elle pense que mon bébé est en siège ! elle me fait une rapide échographie qui confirme cela… contre-indication totale pour l’accouchement dans la maison de naissance et l’accouchement dans l’eau que j’attendais… Je suis abasourdie, je ne m’attendais pas à cela, d’autant que je n’ai jamais eu l’impression de te sentir autrement que tête en bas…

Rapidement, nous rencontrons la consultante (c’est ainsi que s’appellent les médecins dans les hopitaux) qui nous propose soit un accouchement par voie basse mais dans la section hopital, sans déclenchement, soit une césarienne. Elle nous expose tous les bénéfices et risques de chaque méthode, mais souhaite d’abord réaliser un monitoring… qui s’avère plutôt mauvais. J’ai des contractions un peu douloureuses toutes les 10 minutes et le coeur de mon bébé ralenti très fortement à chaque contraction. On sait désormais que ce troisième bébé naitra rapidement et en césarienne.

Très rapidement, tout s’accélère. On me fait patienter quelques minutes en chambre, puis, on m’amène au bloc opératoire, où pas moins de 9 personnes nous attendent ! Le Mari a de la chance, il se prépare et peut assister à la naissance.

Tout le personnel soignant est bienveillant, m’explique la procédure, ce qu’ils font à chaque instant. Je me sens en sécurité. L’anesthésie fait rapidement effet, chaque instant me semble durer une éternité. Et puis, alors que la radio braille « it’s a most wonderful time of the year », te voilà, par dessus le drap, un peu sonnée par cette naissance rapide. On t’emmène vite, le temps de te permettre de sortir des vapes. C’est à mon tour de me sentir mal, et l’anesthésiste me met sous oxygène. Alors, je n’aurais pas le premier peau à peau, puisqu’on te donne à ton papa, pendant qu’on me recoud, pendant que je récupère avant d’aller en salle de réveil.

 

 

 

 

 
 
 
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JUNON 13.12.18, 12h12 #newborn #nouveauné #1dayold #mygirl #motherofgirls #moncadeaudanniversaire #birthdaypresent

 

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Et pourtant tu es là ! je n’ai pas eu moins d’émotions en te voyant naître des mains des chirurgiennes qu’en attrapant moi-même tes soeurs lors de leur naissance. Je n’ai pas eu l’impression d’avoir une naissance au rabais, même si je l’avais espérée différente. Je n’arrive pas à croire que tu sois là, toi que j’ai porté dans mon ventre pendant 9 mois, toi que j’ai mis près de 2 ans à faire venir dans notre famille. Toi qui est arrivée malgré l’infertilité, malgré des cellules maternelles ultra agressives qui tuent les embryons, malgré un décollement placentaire. Toi qui à peine crée petite cellule de rien du tout nous a démontré une envie de vivre hors du commun. J’ai été enceinte pendant 9 mois en imaginant qu’on pouvait t’arracher à moi à tout moment et tu es là, parfaite, minuscule petite fille qui n’a pas l’air de mesurer plus de 49 cm (on ne mesure pas les bébés en Angleterre, mais je l’ai fait à mon retour de la maternité !), gros poupon de 3,625kg. Je voulais te voir avant de te prénommer, comme une superstition. Tu seras Junon, reine des dieux, protectrice des femmes. Notre aventure toutes les 2, mais surtout, tous les 5 ne fait que commencer.

 

 

 

 

 
 
 
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femme, mère, business woman… l’épuisante utopie de ma vie de femme

Je suis une éternelle optimiste. Depuis toujours, j’ai tendance à voir le verre à moitié plein, et quand bien même, je le trouverais un peu vide, je réfléchirais rapidement à des arguments pour remonter un peu le niveau. Dans ma vie de fille, de femme, j’ai toujours cru que je pourrais tout avoir: être femme, aimer et vivre ma vie amoureuse comme je l’entendais, avoir une vie personnelle riche de temps pour moi et de sorties entre amis,  être une « working girl », faire des études, travailler, poursuivre une carrière qui m’exalterait, être mère aussi, porter et élever mes enfants, être près d’eux quand ils en ont besoin… 

Au final, c’est ce que la société, notre culture, nous promet à nous toutes, femmes. Mais qui sont-elles, celles qui arrivent vraiment à tout faire? De mon côté, j’ai l’impression aujourd’hui, qu’on m’a menti pendant toutes ces années. C’est un peu comme Matrix, on nous vend un mirage, qui n’existe pas réellement, peut-être pour nous rendre dociles, ou alors pour nous faire sentir comme des merdes parce qu’on y arrive pas vraiment. Vraiment, qui arrive à rayonner en tant que femme, travailleuse et mère à la fois, sans devoir défavoriser un des aspects de sa vie, au risque de frôler le burn out?

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Vieille dedans

C’est fou comme les intuitions sont parfois puisantes. Depuis bientôt un an, je vivais avec l’intuition au ventre du « quelque chose qui cloche ». Il y aura eu une première fausse couche avec des tonnes de complications, une seconde, bien plus facile. Et puis ma demande de faire quelques examens. Au fond de moi, je savais bien que quelque chose n’allait pas. Je ne me doutais pas non plus que les examens seraient si mauvais. Quand on commence à rentrer dans le cercle de la médicalisation, on apprend des mots compliqués, des taux, normaux ou pas, ce qui se soigne, ou pas. Moi ce que j’ai ne semble pas se soigner. Je suis vieille, dedans en tout cas. 

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Mauvaise mère

Il est tard et je la regarde s’endormir, petit ange, à côté de moi dans mon lit. J’écoute chacune des gouttes de pluie frapper les carreaux des fenêtres et j’ai le sentiment que toutes pleurent avec moi et et rendent un peu plus lourd le fardeau de la culpabilité.

Ce soir, tu avais fait une grosse bêtise. Tu étais fatiguée, j’étais excédée, après une journée  enfermée, emprisonnée par ce temps de Toussaint. Je t’ai pris par le poignet pour t’emmener sur la marche réfléchir à ton attitude. Tu ne voulais pas, petite fille déterminée. Tu t’es laissée tomber de tout ton poids et ton bras n’a pas pu supporter tes 15 kg. Crac.

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Et puis un jour, on sort la tête de l’eau

Ces presque 12 derniers mois ont filé à une vitesse inouïe. Je sais, je me répète mais j’en ai pris conscience ce weekend. Parce que depuis quelques semaines, la vie me semble si facile. Comme si la prophétie des parents d’enfants rapprochés qu’on nous contait en permanence s’était enfin accomplie, « la première année c’est horrible, ensuite c’est chouette ».

Ouais. Concrètement, on a passé un an à s’engueuler, à avoir des cernes, à prendre du bide parce qu’on bouffait des cochonneries pour tenir le coup (et les nuits). A ne plus avoir de temps pour nous aussi, ni pour notre couple, ni pour nos individualités. C’était DUR bordel. Vraiment. Il y a eu des larmes.

Et puis aujourd’hui, c’est chouette, vraiment. Déjà parce qu’on dort la nuit. Des enfants qui se couchent à 19h30 et qui se réveillent à 8h ou plus, j’en ai rêvé… et je les ai en ce moment. Certes, rien n’est acquis avec le sommeil des enfants mais je peux espérer que cela continue. Et qu’on continue à avoir nos soirées en amoureux autour d’un verre de Bordeaux et d’un film sur Netflix.

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Mon accouchement, ou comme un pincement au coeur

Cela fait maintenant un peu moins de 3 mois que ma jolie Chevelue est née. J’ai l’impression qu’elle a toujours été parmi nous. Pourtant, quand je repense à sa naissance, je suis un peu en colère.
Si vous avez lu mon récit d’accouchement, celui de Moutarde, sur le Blog de Madame Parle, vous savez que j’ai eu un premier accouchement déclenché, donc assez médicalisé.
Pour cette seconde naissance, je voulais plus de naturel. C’est ça qui me déçoit rétrospectivement.

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Mon allaitement, ma peur

IMG_1239Ma fille est née en août 2012. Quand je me suis préparée à sa venue au monde, j’ai dit oui à l’allaitement. Sans conviction, ni volonté particulière, juste peut-être celle d’essayer de lui donner le meilleur de moi-même. Je ne connaissais rien en la matière. Je n’ai jamais vu de femme allaitante dans mon entourage proche. Rétrospectivement, c’est peut-être ce défi qui m’a poussé, ça et le personnel de ma maternité. Je l’ai déjà longuement expliqué, peut-être trop. Si j’ai longtemps porté en moi la douleur de cet échec, j’ai désormais pansé cette plaie. Et j’envisage, pour mon enfant à naître, l’allaitement.

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Coup de gueule :la grève des sages-femmes doit toucher toutes les femmes !

source: http://sudouest.frQuand j’étais enceinte de Moutarde, j’ai effectué tout mon suivi avec des sages-femmes, dans ma maternité. Quand ma fille est née, j’ai été « accouchée » par 2 sages-femmes. Aujourd’hui, enceinte de mon second enfant, j’ai choisi d’être suivie par une seule et unique sage-femme, attachée à ma maternité, dans son cabine. Ce n’est pourtant pas une profession que je connais très bien. Je ne l’ai jamais envisagée pour moi, je n’ai pas d’amies qui l’exerce. Pourtant, le peu de choses que je lis dans la presse, ou sur internet, sur leur combat actuel, me fait ressentir un profond sentiment d’injustice.

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