La violence expliquée à mes filles

Dimanche dernier, alors que nous étions au square, une drôle de mésaventure nous est arrivée. Alors que Moutarde, la Chevelue et moi nous dirigions vers la sortie, un petit garçon de l’âge de Moutarde s’est rué sur elle et a pointé contre son front un pistolet noir en plastique. Ma fille est restée pétrifiée, tout comme moi, les premières secondes. Mon sang s’est glacé. J’ai attrapé mon enfant. J’ai crié contre le petit garçon, qui visiblement, ne voyait aucun mal à son geste. Son grand frère est arrivé (10 ans maximum le grand frère, quels parents responsables laissent 2 enfants de ces âges là seuls au square dans une zone de sécurité prioritaire en plein Paris… apparemment, ceux qui achètent en guise de jouet des armes factices… oui, oui, je juge !). Le « grand » frère me sort « mais Madame, c’est rien, ya pas de balles ni rien, c’est un jouet ».

C’est un jouet… Depuis quand une arme, est un jouet? Dans un monde où chaque jour on entend un nouvel acte de terrorisme, de violence, quel individu responsable laisse croire à des enfants qu’une arme est un jouet?

Je ne savais même pas par où commencer pour lui expliquer. Alors, j’ai pris mes filles sous les bras, je suis partie. Mes filles ne connaissent que très peu la violence. La seule « arme » que nous avons est un sabre laser, vendue avec le costume de Dark Vador que Moutarde a reçu pour Noël (elle n’a d’ailleurs jamais vu les films évidemment, elle est tombée amoureuse du personnage en le voyant à Disneyland, sans savoir quoi que ce soit sur lui!). Chez nous, on ne tolère pas la violence. On ne se bat pas. Parfois, il m’arrive par fatigue/désespoir de menacer d’une fessée. Il m’ai même arrivé d’en donner et je n’en suis pas fière du tout, mais c’est un autre sujet. La violence n’est pas tolérée, dans leurs livres, leurs jeux, leurs dessins animés. Un monde de « bisounours » peut être, selon certains critères. Le fait est que mes filles ne se battent pas. Qu’elles ne tapent pas les autres à la crèche ou à l’école. Elles ont même des difficultés à se défendre, car elles n’ont pas l’habitude d’être confrontées à la violence, et nous leur apprenons qu’elles ont le droit de dire non, de repousser celui qui lève la main sur eux (cela arrive un peu trop fréquemment à mon goût à la crèche d’ailleurs).

Ce jour-là, ma fille m’a demandé pourquoi le petit garçon avait braqué une arme contre son front. J’ai dû lui dire que les armes sont dangereuses, qu’elles peuvent blesser, tuer les gens. Que même si ce sont des jouets en forme d’armes, elles ne sont pas des jouets « drôles ». Que les bras, ça sert à faire des câlins et pas à taper les autres. Mes 2 filles ont bien compris pourquoi j’étais contrariée, pourquoi les armes ne sont pas tolérées chez nous.

Cet incident a eu lieu il y a moins d’une semaine. Une semaine avant, j’ai vu la Chevelue se faire frapper assez violemment par un petit garçon de la crèche, sans raison apparente, si ce n’est qu’elle lui avait demandé de se lever puisqu’il était assis sur son doudou… j’ai mal de me dire que je dois préparer mes filles à confronter de telles situations, leur apprendre que la violence existe dans ce monde et qu’elles devront apprendre à se défendre contre ceux qui pensent qu’il s’agit d’un mode normal d’interaction avec l’autre.

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1 Comment

  1. Solennn 24 mars 2017

    Ouh la!! Pas du tout drôle cette mésaventure comme tu dis ! Je comprends complètement ta réaction… Et oui, on a le droit de dire non….
    Oui, les bras servent aux câlins et pas aux gestes violents.

    Répondre

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